Dans L’avenir du travail (paradoxalement, pour moi, un joli souvenir de lecture de vacances), Jacques Attali pronostique qu’il deviendra bientôt "de plus en plus difficile de distinguer entre travail, consommation, transport, distraction et formation. On travaillera en consommant, en jouant et en se formant".
A mon avis, nous y sommes déjà, et depuis un moment. Je ne parle pas vraiment, ou plutôt pas seulement, du développement des technologies portables et mobiles (ordinateurs, blackberry et téléphones) mais plutôt de 2.0.
Je m’explique en prenant un exemple proche et concret : les collaborateurs d’Angie qui contribuent sur BLA*G! (ils ne m’en voudront pas, du moins je l’espère). Lorsqu’ils se font l’écho d’une nouvelle technologie testée au hasard d’un voyage outre-atlantique, lorsqu’ils naviguent sur un site particulièrement rigolo (site qu’ils mettront en avant le lendemain en soulignant son ergonomie très 2.0), lorsqu’au détour de la lecture de leur magazine favori musical ils repèrent une info "croustillante" sur YouTube ou DailyMotion qui leur donne envie d’écrire une note… Sont-ils vraiment en train de travailler ? Ne sont-ils pas plutôt en train de se former ? Voire même de se distraire ?
La trajectoire professionnelle de certains blogueurs illustre peut-être mieux encore la manière dont le 2.0 est selon moi au coeur de cette porosité grandissante entre vie professionnelle et vie privée. De Versac à Le Meur, ils sont nombreux à avoir profité du succès de leur propre blog et donc à avoir transformé une expérience plus ou moins personnelle, en une activité professionnelle. Le temps qu’ils passent à surfer sur la blogosphère n’est-elle pas en quelque sorte à la croisée des chemins ?
Le 2.0 ? Du ConsoWorkEduTainment en quelque sorte !
Stanislas Haquet
Les commentaires récents