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28 septembre 2011

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Voici les sites qui parlent de Et si tout le monde n’était pas un média ? :

Commentaires

Antoine

Des perspectives stimulantes et beaucoup d'intelligence dans ce billet, mais une interrogation, quand même, sur ce postulat du média comme "espace de publication défini".

Aujourd'hui, un média - d'info, d'opinion, d'entreprise - a quand même vocation à essaimer ses contenus hors les murs définis d'un cadre de publication initial.

Largement, et sur des espaces plus ou moins attendus : c'est l'idée d'aller toucher ses publics là où ils sont, plutôt que d'attendre qu'ils viennent vous trouver. Et c'est à ce prix qu'un média peut rencontrer ses publics, mais surtout les renouveler, les élargir.

Quelques exemples : des titres de PQR re-publient sur des sites ouverts à participation leurs contenus, au même titre d'ailleurs que certains médias d'entreprise / institutionnels. L'AFP diffuse une (petite) partie de ses dépêches sur Facebook. Des pure-players vendent leurs analyses et articles à de grands opérateurs.

Dans cet espace public largement, joyeusement, et heureusement !, désintermédié, il me semble que l'une des premières caractéristiques du média aujourd'hui est donc avant tout d'être porté par une marque forte - cette marque qui apporte ce fameux "coup de tampon" éditorial, qui fait toute la différence entre un contenu diffusé par un leader d'opinion, et un contenu diffusé par un média.

C'est largement immatériel, c'est encore plus flou, et cela renforce au final une chose : la nécessité de construire un projet éditorial à forte valeur ajoutée, et, réciproquement, la nécessité de définir finement ses publics, également lorsque l'on cherche à prendre la parole. Autant d'aspects sur lesquels je suis sûr que l'on se rejoint bien :)

François

Merci de ton commentaire. Je suis d'accord et je pense que c'est un point important. Le média a de plus en plus le don d'ubiquité. Mais ce qui se dissémine, c'est le contenu.

En fait je pense qu'avant de se disséminer, le média doit quand même pouvoir se définir par son (ou ses) espace(s) de publications : c'est la forme qu'il prend (le Nouvel Obs est un hebdo), c'est là où je sais que je vais le trouver (leNouvelObs.com., l'application iPhone, Ipad...).

Ca ne veut pas dire que ses contenus ne peuvent pas se disséminer en des lieux divers (Facebook, Twitter ou ailleurs). Mais qu'il existe une forme ou un espace de référence du média. Mon point dans le billet étant finalement de dire qu'il ne faut pas confondre "média" et "leader d'opinion", ce point me semble faire partie des critères qui permettent de définir (et donc de différencier) ce qu'est un média de ce que ce n'est pas.

eric

Article qui permet de discuter un poncif actuel. Bravo ! Ceci dit ne doit-on pas différentier activateur d'opinion et leader d'opinion ? En effet, j'ai l'impression qu'il y a un monde entre les collaborateurs d'une entreprise qui l'évoquent spontanément, sans constance et surtout sans projet et ceux qui s'engagent dans une conversation et l'animation d'une communauté en revendiquant leur «appartenance«. Dans le premier cas «activateur d'opinion» me paraît plus adapté ; seul le second mérite le qualificatif de «leader d'opinion». Je voie trois types de «leaders» :
1. les experts : les spécialistes des produits ou des services X et Y ;
2. les engagés : ceux qui animent à l'intérieur de l'entreprise une communauté corporate autour de thèmes comme la diversité, l'environnement... et qui prolongent la conversation à l'extérieur ;
3. les ambassadeurs : ceux qui, par exemple pour conforter la marque employeur, acceptent de témoigner et éventuellement de dialoguer.

François

Bonjour Eric. Sur la différence entre "leader" et "activateur", je pense qu'on peut aussi faire une distinction entre :

- les leaders d'opinion "avérés" ou "a priori", c'est à dire ceux qui ont déjà une audience (ex : un blogueur établi) ou des moyens faciles d'accès aux médias (ex : BHL)

- les leaders d'opinion "temporaires" ou "a posteriori" : des individus qui n'ont a priori pas une audience "supérieure" mais qui, parce qu'ils vont publier un contenu particulier (éclairant, nouveau, provocateur, etc.) à un moment donné, vont bénéficier d'une exposition : par exemple, les blogs de traders qui ont été très influents au début de l'affaire Kerviel.

J'aime bien cette distinction car elle rappelle que certains sont influents "par définition" et d'autres "par circonstances". Autrement dit l'influence n'est pas quelque chose qui se décrète a priori mais qui souvent se constate a posteriori.

L'autre distinction possible entre les différents leaders d'opinion, c'est celle entre :

- leaders d'opinion communautaires (je suis influent pour mes recettes de cuisine mais pas pour mes opinions politiques). Cela caractérise des L.O. qui ont une parole publique écoutée, comme les blogueurs établis.

- leaders d'opinion du quotidien (je suis influent dans ma vie quotidienne, auprès d'une poignée de personnes), ce qui se rapproche du bouche à oreille. Cela caractérise les M. Tout le monde dans leurs relations de tous les jours.

Sur les 3 types de "leaders" en interne, tout à fait d'accord, ce tryptique experts / engagés / ambassadeurs (je pense qu'on peut aussi parler de "témoins" pour cette dernière catégorie) fonctionne bien et couvre je pense tous les types de porte-parole que l'on peut avoir au sein d'une entreprise.

coco

Intéressant.

Moins intéressant :l'ergotage sur l'usage d'un mot ou d'un autre…

Relisons "Internet et après ?" de notre ami Wolton. Il avait tout compris. Et nous avait tout dit. A mon avis, il pose le débat de façon plus juste que tous les bavardages ambiants sur le web 2.

François

Je me doute que c'est ce que l'on peut penser à la lecture du billet, mais je ne pense pas que le débat sémantique soit anodin. Pour deux raisons :

- avec les médias sociaux on est dans un domaine jeune, donc qui se cherche au niveau du vocabulaire. Des termes différents sont employés pour décrire des choses parfois identiques, ou inversement on utilise un terme pour décrire quelque chose de vaste et multi-forme. Ex : "le community management" dont on ne sait jamais très bien ce que ça veut dire si ce n'est pas précisé. Donc les mots ont un sens et on a besoin de références claires.

- du coup, cela profite aux gourous de toutes sortes qui inventent des concepts pour devenir référents en matière de pensée 2.0. Et plus on sort de concepts d'experts, plus on s'éloigne des utilisateurs et des clients, plus les médias sociaux - qui sont censés être la démocratisation du web - deviennent un truc d'élite. Antoine Dupin a admirablement résumé cela dans son billet "guerre des néologismes, défaite du sens". http://antoine-dupin.com/leblog/2010/07/26/la-guerre-des-neologismes-la-defaite-du-sens/

Je m'éloigne un peu de l'objet initial de l'article (ne pas confondre média et leader d'opinion et définir le concept de média à partir de certains critères), mais c'est à dessein pour (tenter de) expliquer ma démarche.

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