On oppose souvent information et communication. Trop commode…
L’information rime en effet toujours avec la communication au sens où elle témoigne de la volonté d’être ensemble. Elle est le socle sur lequel on peut enclencher une dynamique relationnelle ; on lit tel ou tel titre, telle ou telle rubrique pour partager et échanger avec les membres des communautés auxquels ils s’adressent : les pages "International" du Monde n’ont d’intérêt que si l'on se sent citoyen du monde.
Ce phénomène explique que jusqu'à la fin de l’adolescence, les jeunes, centrés uniquement sur leurs "friends" préfèrent Facebook aux "news". En d’autres termes, l’absence d’information est symptomatique des difficultés d’un lien social étendu.
Un constat qui donne une clef : quand un communicant ne s’intéresse plus à l’information interne (cas de plus en plus fréquent), il doit penser que la volonté de vivre ensemble au niveau de L’ENTREPRISE s’érode au profit de la volonté de vivre ensemble au niveau des PROJETS. Avec son habit de "nomade coopératif", le salarié contemporain ne se sentirait plus lié à Danone, L’Oréal, Lafarge… mais à ce qui l’occupe directement, quotidiennement, c’est à dire "son" projet. Donc pourquoi l’informer du tout quand ne l’intéresse que la partie et que s’y jouent son engagement, sa loyauté, sa fidélité ? Ce même communicant transformera son intranet en Facebook Like pour encore renforcer les communautés de projets. En d’autres termes, la négligence à l’égard de l’information interne traduit une vision très claire, même si elle n’est pas formalisée, de l’avenir de l’entreprise. La partagez-vous ?


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Il est pourtant facile à vérifier que ce qui distingue information et communication, c'est l'intention.
L'information (la vraie) a - devrait avoir - pour objectif strict d'informer. Dans la communication, l'objectif ou l'intention est autre : il consiste bien souvent à inciter à un comportement, une orientation... On voit vite la limite de cette définition.
Ce qui est sûr, c'est que communication et information - dans une entreprise "bien faite" - sont étroitement / intimement liées. Les entreprises qui fonctionnent encore avec un service information et un service communication (interne / externe) distincts, n'ont rien compris !
Rédigé par : Claude P. | 02 juin 2008 à 15:20
Je ne suis pas du tout d'accord avec votre analyse. Je n'irai pas jusqu'à dire que "tout oppose information et communication", mais si l'on admet que "tout communique" (cf. Palo Alto), en revanche la communication ne se réduit pas à une bonne information.
Dans les exemples que vous prenez, l'argument ne tient pas : ce n'est pas parce que je me sens appartenir à que je m'informe, ni que je m'informe pour me sentir appartenir à...
Je m'informe parce que je pense que cela m'est utile et si les entreprises ont de plus en plus de mal à intéresser leurs collaborateurs à autre chose qu'aux projets sur lesquels ils travaillent immédiatement, ce n'est pas par un défaut de sentiment d'appartenance. C'est plutôt, de mon point de vue, que les entreprises oublient systématiquement cette règle qui fait le succès des réseaux sociaux et autres blogs : pour intéresser, il faut délivrer une information qui respecte une loi indépassable, la loi de proximité de l'inforamtion avec le sujet auquel elle s'adresse.
A trop s'enfermer dans une logique d'émetteur, l'entreprise s'est trop souvent coupée des réalités du quotidien de ses collaborateurs.
Mais quand on lance des informations comme le chasseur aborigène son boomerang, quand l'information n'atteint pas sa cible, elle revient !...
Rédigé par : Fradin Pierre | 11 juin 2008 à 17:42
@ Pierre Fradin. Je persiste et signe sur le lien entre information et socialisation : je m'informe parce que je suis socialisé et pour me socialiser ; l'information est inévitablement croissante avec le niveau «d'insertion sociale». Autre question : l'entreprise peut-elle faire «comme les réseaux sociaux» et notamment offrir le niveau de «proximité» de ces-derniers. Sans doute pas. Pour deux raisons : l'entreprise est un lien en grande partie subi ; l'entreprise doit pouvoir dire des choses que les gens ne veulent pas entendre. Le problème n'est pas d'être proche mais pédagogique.
Rédigé par : eric camel | 13 juin 2008 à 15:19