Au mois de juillet, Publicis Consultants et l’Ifop rendaient publique une étude sur « ce que pensent les cadres de la crédibilité du discours de l’entreprise ».
Les résultats de cette étude - passée peut-être légèrement inaperçue du fait de l’été - méritent qu’on y revienne quelques instants. Il en ressort notamment que la crédibilité du discours vis-à-vis des actionnaires est nettement plus forte (79% estiment qu’il est crédible) que celle du discours tenu aux salariés. 64% des cadres mettent ainsi en doute le discours de l’entreprise à l’égard des salariés. Plus l’entreprise est grande, plus cette perte de confiance se fait sentir.
Ces résultats m’inspirent quelques réflexions :
1/ Peut-être faudrait-il que la communication interne s’inspire davantage de la communication financière.
Ce qui pourrait ainsi signifier :
- une communication plus factuelle, plus synthétique, appuyée par des éléments concrets et tangibles, bref une communication sans fard ni enrobage, particulièrement en temps de remous économiques ;
- une communication portée par le Président pour incarner davantage le discours et réduire la distance entre l’entreprise et ses cibles.
2/ Le niveau de crédibilité du discours à l’égard de l’externe étant plus élevé, pourquoi ne pas communiquer davantage en interne par le biais de supports externes ? Le rapport annuel pourrait ainsi devenir demain un média central de communication interne de l’entreprise.
Qu’en pensez-vous ?
Stanislas Haquet


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Bonjour,
en fait chacun voit midi à sa porte... ce me fait penser à la blague de la personne qui ne va pas bien et qui se retrouve avec une faiblesse cardiaque apres etre passée chez le cardiologue, un dentier apres etre passé chez le dentiste, etc etc...
La communication comme vecteur de la confiance des cadres dans l'entreprise? oui, certainement. mais comme moteur, j'ai des doutes... en effet il faut sans doute plus chercher sur le fond : les mots valises qui traduisent l'absence de vision du top management. le manque d'engagement des top-manager et la représentation desastreuse qu'ils offrent en direct aux collaborateurs (parachutes dorés, plafond de verre de l'ascenseur social, qui fonctionne plus au réseau qu'au mérite). Nous avons besoin de bonapartes et pas d'habitants de tour dorés.
le retour a la base, en gros, et la je suis d'accord avec vous
Mais d'un autre coté sur le fait d'utiliser le mode de comunication financier pour rassurer les cadres, l'actualité montre que ce mode de communication est capable d'effrayer les financiers eux mêmes... attention a ne pas déclencher d'effet de crises justement parceque des objectifs trops précis et concrets auraient eté fixés par des personnes trop eloignées du terrain.
attention la communication présidentielle risque de tourner au nec pluribus impar et comme on ne gagne pas tout le temps en ces temps incertains on fait courir un risque suplémentaire a l'entreprise : même s'il faut humaniser la communication il est essentiel de partager tres vite...
Non plutot que de changer la communication, revenons aux bases :
Qui dit communication dit échange, pas propagande : privilegions l'interactivité, l'initiative, qui ,même si elle est couteuse doit se trouver a tous les niveaux.
Le but de la communication doit etre la confiance, un des moyens de l'instaurer est d'avoir un discours unique peut etre effectivement par le biais de ce rapport annuel, mais le formatage conventionnel important de ce dernier, va obliger a des explications de textes. Ceci dit se voir attribuer à "l'interieur" la même communication qu'à "l'exterieur" ne place pas précisement les salariés dans le cercle de confiance.
Rédigé par : jité | 07 octobre 2008 à 11:31
Merci de ce commentaire. Je suis tout à fait d'accord avec vous pour ne pas surestimer le rôle de la communication interne. En l'occurence il ne s'agissait pas de renforcer la confiance dans l'entreprise mais dans son discours. Il existe une petite nuance. Par ailleurs, l'entreprise ne peut certainement pas aujourd'hui se permettre une communication uniquement factuelle et froide. Nous sommes là encore sur la même ligne. D'autres notes sur ce même blog ont d'ailleurs souligné l'importance du retour de l'émotion en entreprise. C'est tout le paradoxe ou tout du moins le défi de la communication interne. Savoir articuler :
- un discours clair, sans emphase mais intégrant une certaine vision lorsqu'il s'agit de stratégie et d'annonce de résultats
- des moments de communication et d'interactivité.
Le discours sera par nature descendant -même si il pourra être ensuite ouvert à discussion- et pourra être corporate c'est à dire interne/externe. Les moments de partage seront plus transversaux et réservés à l'interne.
Rédigé par : Stanislas | 07 octobre 2008 à 12:30